Les groupes LinkedIn : entre Spam et contenu inintéressant ?

L’utilisation des espaces offerts par les médias sociaux à des fins de promotion bête et méchante n’est pas nouvelle. Nous en avions d’ailleurs parlé au sujet de l’utilisation de groupes Facebook par le Couscous Comedy Show. Mais le développement tout azimut des groupes sur la plateforme de réseau social professionnel LinkedIn ouvre un espace d’autopromotion professionnelle dans lequel s’engouffrent tous les offreurs de services (consultants et travailleurs autonomes en tête). Derrière ce phénomène, il y a l’idée que la publication de contenu promotionnel plus ou moins déguisé peut attirer de nouveaux clients et faire connaître les services.

Mais concrètement, qu’est-ce que cette stratégie de promotion crée ? Est-elle viable et pertinente ?

1 – Du bruit, encore du bruit, toujours du bruit

La multiplication des articles, posts, commentaires sur les groupes LinkedIn, dont la majorité cherche à mettre en avant des services ou des compétences est telle qu’aujourd’hui, la plupart de ces groupes génèrent du bruit. Il suffit de demander à recevoir quotidiennement les rapports d’activités sur les groupes auxquels vous êtes inscrits pour vous rendre compte du bruit, souvent inintelligible et inintéressant, qu’on y trouve : présentations des nouveaux membres du groupe, publications diverses plus ou moins longue (du simple lien à l’article) et plus ou moins en lien avec le thème du groupe, réponses aux discussions (avec les redites, les approximations, les opinions, les prises de bec qu’on peut y rencontrer).

2 – Noyé dans la masse

Non seulement, il y a la cacophonie ambiante mais aussi la masse. Pour être plus claire, à la multitude des contenu, il faut bien sûr ajouter la multitude des publications, la quantité. Comment votre commentaire, votre message peut-il être visible dans la masse d’échanges qui existent. Bien sûr il y a des techniques pour tenter d’accrocher le lecteur (titres percutants, tenter de créer le dialogue, etc.), mais il n’en reste pas moins que si contenu intéressant il y a, celui-ci est perdu dans la masse et, pour qu’il soit lu, il faut trouver des méthodes et des stratégies qui nécessite du temps et des techniques aussi bien pour celui qui publie que pour le lecteur.

3 – Des membres de groupes peu disponibles

Il faut ajouter à cela que les membres de LinkedIn n’ont peut-être pas le temps nécessaire pour trouver la bonne information et faire la veille stratégique des groupes.

  • ce sont des professionnels et à ce titre leur temps d’utilisation est déjà limité (ils ont d’autres choses à faire)
  • ils utilisent d’autres médias sociaux tout aussi chronophages
  • ils sont inscrits à plusieurs groupes LinkedIn ce qui multiplie l’information qu’ils reçoivent et diminue leur temps disponible

Dès lors, il est difficile de rejoindre les cibles/prospects.

4 – Un manque d’originalité ?

Antoine Dupin, dans un article très intéressant sur le Buzz, décrit parfaitement comment les entreprises vont vers la facilité en copiant ce qui a déjà marché sur les médias sociaux. En agissant ainsi, elles tuent le concept, le surexploitent et n’arrivent pas à faire le buzz. C’est à peu près la même chose avec les utilisateurs de LinkedIn : lorsqu’un style de message fonctionne, il est repris sans originalité. Le meilleur exemple est celui de la création du groupe Linked Montreal après le succès de Linked Québec (provincial).

Quoi qu’il en soit, la plupart des publications sur les groupes se ressemblent dans leur forme, leur manière de créer la discussion, d’amener l’information et de promouvoir les services ou les compétences. L’originalité n’est pas légion.

5 – Et après ?

Maintenant, il faut se demander si malgré toutes ces limites, publier sur ces groupes apporte vraiment quelque chose et surtout mettre en lien les fruits de votre activité de publication avec le temps passé sur ces groupes pour être visible. Il est intéressant de discuter avec plusieurs personnes non férue de Web 2.0 sur ce que leur a apporté le fait de publier des articles ou des commentaires sur des groupes. Pour ma part, je n’ai pas eu beaucoup de réponse positive. Oui, ça permet parfois d’ajouter des personnes à votre réseau, de créer quelques contacts. Ca permet de construire également une crédibilité auprès de certains contacts. Mais concrètement ? Est-ce que l’investissement temps/argent que vous y passez est rentabilisé ? Autrement dit, si vous y passez 5 heures semaines et qu’en tant que consultant vous chargez vos heures à 80$, cela signifie que vous avez consenti un investissement de 1600$ par mois. Est-ce que LinkedIn vous a permis un retour sur cet investissement ? Avez-vous signé chaque mois un contrat de 1600$ grâce à LinkedIn ?

Evidemment la question est simpliste et évite tout un ensemble de facteurs qui viendraient modifier la valeur réelle de cet investissement. Mais la question mérite d’être posée…

Que faire ? Faut-il abandonner LinkedIn et ne rien y publier ?

Abandonner LinkedIn serait une erreur… c’est tout de même un bon moyen d’entretenir et de développer son réseau d’affaires réel et virtuel.

1 – Choisir ses groupes

Il est important de cibler les groupes où être présents et actifs. Préférez des groupes en lien avec votre spécialisation ; le contenu devrait alors plus vous intéresser. Choisissez également des groupes gérés par un community manager qui va favoriser la mise en valeur de l’information, mettre en place des règles de publication précises qui vont limiter les publications à outrance de tout et n’importe quoi. Un des meilleurs exemple de groupe très bien géré est clairement Linked Québec.

2 – Eviter le spam

Nombreux sont ceux qui publient le même contenu sur de nombreux groupes afin d’être plus visibles. Disons le clairement c’est du spam, ni plus ni moins. Et ça vous dessert. Les utilisateurs inscrits à plusieurs groupes sur lesquels vous publiez ne seront pas dupes. Votre personal branding pourrait en souffrir.

3 – Produire du contenu avec une vraie valeur ajoutée et pas seulement poser une question

Votre objectif doit clairement être de mettre de l’avant vos compétences et pas forcément un service. Cela nécessite la production d’un contenu intéressant qui va vraiment apporter quelque chose aux membres du groupe. Aujourd’hui, on voit souvent des personnes poser une question et l’utiliser pour faire de l’autopromotion. Mais elles ne font pas de suivi autour de la question, n’interviennent plus. Si vous voulez créer une discussion en posant une question, vous devez développer votre point de vue dans le texte et rester ouvert aux suggestions. Normalement, quand on pose une question, c’est pour avoir des réponses et en tirer quelque chose, pas pour dire : regardez moi j’ai la réponse à cette question et vos points de vue ne m’intéressent pas. Pourtant, c’est ce qui ressort souvent des pseudo-discussions qu’on retrouve sur les groupes LinkedIn.

4 – Utiliser vos statuts pour annoncer votre actualité

Ne négligez pas vos statuts LinkedIn. Ils sont courts et vous forcent à synthétiser votre actualité. C’est juste ce qu’il faut pour intéresser vos contacts ou des personnes qui visiteraient votre profil.

5 – Ne pas négliger votre réseau et la conversation directe

Enfin, il est important d’entretenir votre réseau. Plutôt que de vous perdre dans des discussions avec des personnes que vous ne connaissez pas et que vous n’êtes pas sûr de rejoindre, concentrez vous sur votre réseau. Préférez la conversation privée et directe avec vos contacts pour entretenir votre image, votre crédibilité afin que votre réseau vous apporte d’autres contacts ou des contrats.

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